Une ruée vers l'or sans précédent, en France.

Par : Michel HUET | Durée : 4min 11sec | Postée : Il y a 3 ans | Chaîne : Ruée vers l'OR - Guyane
Partager | Exporter | 135 vues
Notez
Depuis le début des années 1990 une ruée vers l’or sans précédent se développe au cœur de la Guyane française.
 
L’orpaillage clandestin met en œuvre des techniques d’extractions artisanales dont la principale énergie est l’être humain. Certains orpailleurs travaillent jusqu’à l’épuisement.

Sur de nombreux chantiers l’insécurité est telle qu’au bout de quelques mois  quelques-uns décident de rentrer chez eux et de quitter le campement de nuit en catimini. Dans le meilleur des cas ils emportent la poudre d’or, solde de leur salaire, après avoir payé souvent au quotidien et au prix fort logement, nourriture, matériel et « droit d’être exploité ». Le retour n’est pas sans risque, ils le savent.
 
L’orpaillage clandestin est devenu le problème majeur de la France dans ce département grand comme le Luxembourg. Les missions “Harpie” sous le commandement du lieutenant colonel Florian Villalonga sont de plus en plus incisives mais ne parviennent pas à faire reculer l’ambition des garimpeiros qui considèrent la Guyane française comme un nouvel Eldorado.
 
Il a été établi que l’orpaillage clandestin augmente de façon exponentielle les concentrations de mercure élémentaire dans le milieu naturel.
 
C’est du Brésil, qu’est partie cette nouvelle ruée. Quand elle déborde en Guyane il y a une trentaine d’années, sous la pression de milliers de garimpeiros le nombre de placers explose dans les territoires du sud.
 
Compte tenu de la configuration de l’espace, cette dernière ruée échappe à tout contrôle ; les mineurs prospectent et exploitent leurs découvertes en toute liberté et en toute impunité.
 
Une récente évaluation signale que depuis le début des « années 2000 », l’orpaillage clandestin exporterait annuellement depuis la Guyane, principalement vers le Brésil et de plus en plus vers le Suriname entre 10 tonnes et 15 tonnes d’or. Cet or provient d’une reprise de sites alluvionnaires autrefois exploités et s’ajoute à cela une exploitation effrénée de sites filonnaires.
 
En exploitant désormais les veines de quartz aurifère les garimpeiros pillent « la crème » de nos ressources en or. Sur « Grande Usine », ils arrivaient à produire 100 kg (et parfois davantage) d’or pur par mois. Michel HUET